Jour 5 Mercredi 8 avril

Marche en ville, marchés en folie et ascension héroïque

Guide du jour : Daniel, le frère de Lucky – même gentillesse, même humour, même capacité à connaître tout le monde en ville.


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🇬🇧 Cimetière anglais – pelouses parfaites et histoire mouvementée

Nous commençons la visite par le cimetière militaire anglais, impeccablement entretenu, un vrai carré de calme aux pelouses presque britanniques.
Il rappelle l’épisode méconnu de l’attaque britannique de 1942, quand les forces anglaises débarquèrent dans la baie du Courrier pour déloger la garnison française fidèle au régime de Vichy, évitant ainsi que les Japonais ne s’intéressent au site stratégique de Diego Suarez.

Juste à côté, le cimetière local puis le cimetière militaire français offrent un contraste frappant :

  • ici, les tombes sont anciennes, souvent envahies par la végétation,
  • le débroussaillage ne se fait qu’une fois par an,
  • la pierre se mêle aux herbes hautes, donnant une atmosphère plus mélancolique.

Un ensemble touchant, qui raconte lui aussi l’histoire… mais différemment.






🛒 Plongée dans les marchés – un chaos délicieux et coloré

Retour en ville pour un grand tour des marchés, véritables labyrinthes vivants :

  • marché aux vêtements et bazar,
  • marché aux meubles,
  • marché alimentaire,
  • marché aux poissons,
  • marché aux illusions (pour quiconque pense retrouver son chemin du premier coup).

Les tuktuks jaunes filent dans tous les sens, formant un trafic si dense qu’on pourrait presque croire à un remake tropical de Manhattan.

Dans la partie alimentaire, c’est un festival de couleurs et de saveurs :

  • fruits (bananes, ananas, citrons…),
  • légumes (concombres, tomates, courgettes, aubergines, carottes…),
  • herbes locales, toujours fraîches et parfumées.










On apprend au passage que Madagascar, pourtant grand producteur de riz, importe massivement du riz pakistanais et indien, trois fois moins cher que le riz malgache.
Paradoxe agricole : le riz local, souvent bio, part à l’export.

Scène fascinante : des femmes taillent de minuscules bâtonnets de carotte avec une simple lame de rasoir.
Chez nous, on appuierait sur un bouton de robot.
Ici, c’est précision, patience… et une vraie maîtrise du geste.

Les boucheries ne sont pas en reste :
le zébu est préparé à la demande, la viande hachée sort d’un vieux hachoir manuel à manivelle, exactement le même que celui de nos grands‑mères.

Côté mer, c’est un poème olfactif et visuel :

  • crabes de mangrove encore recouverts de vase,
  • huîtres, crevettes, langoustes,
  • et surtout un mérou monumental, star du jour, au regard aussi expressif que résigné.

La zone “vêtements / bazar” est immense, un vrai souk malgache : ruelles étroites, stands enchevêtrés, ambiance vibrante.
On pourrait s’y perdre… et certains s’y perdent effectivement.

Mais un élément frappe : la mendicité enfantine, notamment des fillettes de 5 à 10 ans vendant des grappes d’ail.
Scène douce‑amère, mais jamais agressive ; les sourires restent nombreux.


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🏛️ Rue principale – colonialisme, 4L tunées et bâtiments oubliés

En poursuivant notre balade, nous croisons :

  • des pousse‑pousse, aujourd’hui réservés aux marchandises ;
  • des 4L tunées multicolores, qui semblent participer à un concours permanent d’originalité ;
  • des maisons coloniales, certaines splendides, d’autres très délabrées.

Madagascar ne s’encombre pas trop de restauration historique :
on laisse vieillir, on laisse tomber, puis on reconstruit.
Un style, une philosophie.

Nous passons aussi devant :

  • l’ancien palais du gouverneur,
  • les ruines de l’hôtel de la marine,

… lieux idéaux pour une séance d’Urbex ou une scène de film post‑apocalyptique.







⚓ Le port – stratégique mais sous-équipé

Dernière étape : le port de Diego Suarez.
Un seul porte‑conteneurs est à quai, et utilise ses propres grues, faute d’infrastructures adaptées.
Et pourtant, la baie est l’une des mieux protégées au monde : un écrin naturel exceptionnel… à la logistique encore limitée.


























🍽️ Déjeuner au Melville – le calme après le tumulte

Nous déjeunons face à la mer, au restaurant Melville, baigné de soleil.
Cuisine excellente, ambiance sereine… un contraste bienvenu après l’effervescence des marchés.


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🧗 Montagne des Français – 300 m d’effort, 360° de bonheur

L’après‑midi, cap sur la Montagne des Français, lieu emblématique, nommé en hommage aux soldats malgaches et français tombés ici.

La montée débute par le chemin de croix, puis s’enchaîne avec les 620 marches de l’ancien monte-charge militaire, permettant de desservir le fort et  au télégraphe désormais escalier de randonnée.
Les mollets s’en souviendront.

Au sommet (450 m), la vue est spectaculaire :

  • l’océan Indien,
  • toute la rade de Diego,
  • la seconde plus grande baie du monde après Rio,
  • et le canal du Mozambique.

Sur le parcours :

  • des tsingy gris,
  • plusieurs variétés de baobabs endémiques, dont certains menacés,
  • un scorpion,
  • un scarabée blanc,
  • et quelques lémuriens à couronne profitant du soleil couchant.

Une balade “cardio”… mais




















Retour à l’hôtel pour un dîner encore excellent : la restauration y est toujours à la hauteur de nos efforts. Coupure générale de courant sur Diego, la groupe électrogène prend le relais mais ne supporte pas la charge de la climatique, les ventilateurs prennent le relais.

Soirée difficile pour les très nombreux supporters du PSG a Diego.

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