Jour 1 –  Samedi 4 avril Vols, visas et véhicule capricieux

Départ d’Orly le 3 avril à 19h pour un vol de nuit vers La Réunion.
Arrivée le lendemain à 8h, l’œil encore collé mais l’esprit fringant. Après un petit temps d’attente, re‑embarquement à 10h15 dans un avion Air Austral direction
Nosy Be.
Midi : atterrissage. Les formalités sont tellement rapides que nous avons à peine eu le temps de nous demander où était rangé le tampon du douanier.

À la sortie, notre contact de Nord Evasion Madagascar nous attend. Le nom de l’agence nous rassure : on ne devrait pas s’évader… normalement.



Nous montons dans un véhicule un peu fatigué qui, dès les premiers kilomètres, nous annonce clairement son âge… via sa boîte de vitesses agonisante. Après quelques hoquets mécaniques, arrêt dans un village pour changer de voiture. À Madagascar, même les imprévus se règlent plus vite qu’en préfecture.

Direction Hell‑Ville, où nous retrouvons Sophie et Michel, déjà bronzés grâce à quelques jours de plongée et des belles randonnées sur l’Ile de la Réunion, mais aussi Fabrice notre GO qui a concocté notre périple. 


Puis embarquement dans un
canot rapide. Traversée calme vers Ankify, la Grande Terre, avec seulement deux éclaboussures gratuites (inclus dans le prix du billet).






Déjeuner local dans une des  gargottes du village : poisson, légumes, riz. Simple, frais, et probablement pêché par un cousin de la cuisinière.






 Un vieux 4X4de 2003 nous attend avec Jonas le chauffeur, Lucky notre guide nous rejoint un peu plus tard.

 

Rejoindre la RN6, ou comment comprendre la notion de “piste”

Vers 15h, on prend la route pour AMBILOBE distante de 140KM. Enfin… une route. La piste entre Ankify et la RN6 ressemble plutôt à une séance de kiné gratuite : trous, ornières inondées et secousses dignes d’un manège interdit aux personnes cardiaques.

De part et d’autre : rizières verdoyantes et mangroves somptueuses.
La beauté compense le chaos.

On rejoint enfin la RN6, goudronnée ! Le luxe. Notre guide Lucky (nom prédestiné, on espère qu’il porte bonheur) nous explique qu’un pont a été détruit deux ans plus tôt  par un cyclone et que désormais, on traverse la rivière IFASY… en bac, quand le gué n’est pas praticable.

Pourquoi faire simple ?

 

 

Le bac – ou l’art d’attendre en philosophant

À l’ approche de la rivière, une chose saute aux yeux :

beaucoup de camions.
beaucoup trop de camions.

Ils attendent tous leur tour pour traverser. Les plus lourds doivent même décharger pour recharger sur des camions plus petits, capacité du bac oblige. Logistique inventive, mais sportive.

Et une vie locale temporaire mais qui sait, s’est installée, vente de fruits et légumes, fast-food à la malgache, mécaniciens…….

Sur l’embarcadère, une ambiance de marché aux bestiaux version XXL : camions, motos, 4x4, chacun veut passer avant l’autre. Lucky négocie avec un sérieux olympique… pour finalement nous dire toutes les 15 minutes après chaque rotation des bacs (deux petits navires  gris équipées de pods):  « Dans 10 minutes, c’est bon. »



 


 

À 18h20, la nuit est tombée. Le bac qui devrait enfin cette fois-ci nous accueillir se présente,  de travers à cause du courant. Après plusieurs tentatives il accoste, un camion débarque… puis arrête des rotations.
Il est 18h30. Normalement, ça ferme à 19h. Mais ici, “normalement” est surtout un adverbe décoratif.

Plan B : un catamaran de fortune (deux coques métalliques) ou un quadrimaran (quatre coques). Un seul véhicule à la fois. Deux planches servent de rampe. Un plateau en bois comme système anti‑naufrage. Ambiance Koh Lanta, mais sans les caméras.

Deux voitures nous précédent, laissant le temps à notre chauffeur de prendre la mesure des risques de la manœuvre. À 19h15, on traverse sous une pluie tropicale.

Nous arrivons enfin à notre hôtel très moderne et confortable le Kozubé, à Ambilobe. Nos sacs et leur contenant ont un peu souffert de la pluie, placés sur la galerie protégés par une bâche qui a déjà bien vécu, Mada le pays du réemploi !
Dîner tardif vers 21h. Nuit courte. Départ prévu à 7h30.
Les vacances commencent vraiment.






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