Jour 3  lundi 6 avril – Forêt primaire, caméléons miniatures et mer d’Émeraude

Après une nuit réparatrice à La Belle Aventure (le nom n’est décidément pas usurpé), nous voilà repartis de bon matin, direction la Montagne d’Ambre.
Il s’agit de la
première réserve naturelle créée à Madagascar, à la fin des années 1950 – preuve que la nature, ici, a très tôt imposé le respect.

Nous traversons Joffreville, ancienne ville de garnison, avant d’emprunter une route pavée relativement récente, luxe rare, qui mène jusqu’au poste d’entrée du parc. Après quelques kilomètres supplémentaires sur piste, nous chaussons les baskets et entamons une belle randonnée en pleine forêt.

 


 

La Montagne d’Ambre – Une cathédrale végétale

La forêt est en grande partie primaire, dense, humide, vibrante.
Une partie a toutefois fait l’objet de plantations par les Français au début du XXᵉ siècle : des espèces venues d’ailleurs y furent testées pour leur acclimatation. Certaines ont survécu, d’autres moins — la nature a tranché, sans appel.

Nous empruntons un sentier escarpé  encore très humide et glissantqui nous conduit à un point de vue sur un lac volcanique à l’eau étonnamment verte. Paul a mis sa tenue coloniale blanche qui ne va pas résister à la boue environnante et Anne-Marie doit se battre contre un bataillon de taons qui s'intéressent à ses mollets.
Puis nous poursuivons par le
circuit des trois cascades. En ce lundi  de Pâques, le site est fréquenté par de nombreuses familles malgaches venues profiter de la fraîcheur offerte par l’altitude et la protection de la canopée.

À la troisième cascade, les plus courageux — comprendre : les membres masculins du groupe — se lancent dans une baignade vivifiante sous l’eau  du torrent.


Caméléons, lémuriens et œil de lynx

La randonnée, près de 6 kilomètres, nous permet de découvrir une flore et une faune remarquables :

  • fougères arborescentes,
  • plusieurs espèces de caméléons, repérées grâce à l’œil de lynx de notre guide Lucky.

Le clou du spectacle :
👉 le plus petit caméléon du monde, à peine 2 cm de long. Une perfection miniature, presque invisible, sauf pour qui sait regarder.

Nous apercevons aussi quelques lémuriens, perchés haut dans les arbres, profitant tranquillement de leur statut d’icône nationale intouchable.
La Montagne d’Ambre reste un véritable
laboratoire à ciel ouvert, accueillant des chercheurs du monde entier tant la richesse des espèces endémiques y est exceptionnelle.

















 

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Retour à Joffreville – Coloniale et fanée

Nous redescendons ensuite vers Joffreville pour déjeuner.
La ville fut créée par le général
Joseph Joffre lors de l’occupation française. Son altitude offrait un climat plus supportable, ce qui en fit rapidement un lieu de villégiature pour les militaires stationnés à Diego Suarez.

Déjeuner dans un restaurant logée dans une maison coloniale dotée d’un jardin superbement fleuri : cuisine traditionnelle, zébu et poulet au menu, simple et efficace.





















Petite promenade ensuite dans la ville, notamment sur les Champs‑Élysées locaux, bordés de maisons coloniales souvent délabrées — à l’exception notable de celle où nous venions de déjeuner, visiblement mieux aimée par le temps.

Nous terminons par la visite du couvent Saint Jean-Baptiste (ordre des Bénédictines.)
Le bâtiment principal accueillant les religieuses date de 1995, construit après l’abandon de l’ancien site.
L’église, achevée seulement en
2012, surprend par son style épuré et sa toiture élégante. Sobre, mais intéressante.

Retour à Diego Suarez pour le dîner, au restaurant La Case.
Au menu : quelques surprises régionales, notamment
tripes et langue de zébu. Culturellement enrichissant…et  gustativement réussi.

 


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