Jour 20 Jeudi 23 avril
Vanille sous vide, rhum visionnaire et botanique appliquée
Aujourd’hui, journée officielle “plantations et souvenirs”, autrement dit :
le jour où les valises commencent à sérieusement négocier leur avenir.
🌿 Vanille : affaire sérieuse
Nous débutons par l’essentiel : l’achat de vanille chez Famille de Vanille.
Tarif du jour : 180 000 ariary le kilo, ce qui place immédiatement la gousse au rang de produit stratégique.
La vanille est mise sous vide, avec le précieux certificat pour la douane — document sans lequel la gousse peut soudain devenir un objet hautement suspect lors du retour.
👕 Pause textile raisonnée (ou presque)
Second arrêt chez un marchand de tissus indo‑pakistanais.
Sophie achète 5,50 mètres de tissu africain (logique géographique respectée).
Paul et Anne‑Marie sélectionnent six tee‑shirts pour leurs petits‑enfants, preuve que la sagesse consiste parfois à anticiper les cadeaux avant même le retour.
Et toujours la chasse au Caméléon..
🍹 Richard, la canne à sucre et le rhum qui parle japonais
Direction le nord‑est de l’île, où Richard nous accueille dans sa plantation de canne à sucre de 5 hectares.
Petit rappel historique : jusqu’au milieu des années 70, Nosy Bé comptait près de 300 hectares de canne à sucre, presque autant que la Martinique.
Après des essais infructueux à Ambanja, Richard a finalement réussi à créer sa distillerie artisanale, à Nosy Bé, produisant du rhum et de l’alcool de litchi — ce dernier étant unanimement jugé excellent, sans débat possible.
Alambics antidéluviens, charuffé au bois, 2 containers de 40 pieds pour officier ce qui doit être fait et stocké à l’intérieur dont les fûts qui ont connu du porto ou des vins français.
Nous visitons la distillerie et succombons à :
- un rhum – fruit de la passion, les fruits étant cultivés sur place
(2 tonnes produites sur 500 m², soit 250 plants — performance agricole à saluer), - et un vieux rhum, dont Paul tombe immédiatement amoureux, non sans rappeler qu’il avait déjà séduit… les Japonais.
Argument commercial imparable.
🌺 Plantation Florette – le jardin encyclopédique
Nous poursuivons vers la plantation Florette, autrefois le seul fleuriste de l’île, devenue une référence en plantes aromatiques et médicinales.
Accueil parfait avec une tisane fraîche cannelle–citronnelle, exactement ce qu’il fallait à ce stade de la journée.
La visite est un véritable inventaire botanique grandeur nature. Nous découvrons ou redécouvrons :
- Cannelle
- Ylang‑ylang
- Citronnier
- Poivrier liane
- Frangipanier et sa fleur
- Citronnelle
- Corossol
- Goyavier (contre la diarrhée — information notée soigneusement)
- Curcuma
- Gingembre
- Hibiscus
- Aubergine
- Combava
- Passiflore (fruit de la passion)
- Rose de porcelaine
- Vanille
- Thé vert
- Palissandre
- Clou de girofle
La fabrication de l’huile essentielle d’ylang‑ylang repose sur un savoir‑faire artisanal précis et exigeant. Les fleurs, cueillies très tôt le matin lorsqu’elles sont le plus parfumées, sont immédiatement distillées afin de préserver toute leur richesse aromatique. En moyenne, 30 kg de fleurs fraîches sont nécessaires, associés à environ 40 litres d’eau, pour produire 1,5 litre d’huile essentielle. La distillation se fait par entraînement à la vapeur, dans des alambics traditionnels, selon un procédé lent et minutieux. Particularité de l’ylang‑ylang : l’huile est obtenue par distillation fractionnée, donnant plusieurs qualités (extra, I, II, III), chacune ayant des usages spécifiques en parfumerie ou en aromathérapie. Ce faible rendement explique la grande valeur de cette huile aux notes chaudes, florales et sensuelles, dont Madagascar est l’un des principaux producteurs au monde.
Un lieu très isolé, décoré avec goût, parfaitement entretenu.
Le déjeuner y est excellent, confirmant une règle désormais bien établie :
quand c’est beau, c’est aussi bon. Nous complétons à nouveau nos emplettes d’épices.
-
⛵ Clovis, sans plan mais avec talent
Nous poursuivons le tour de l’île par un arrêt dans une zone de construction navale ou où nous retrouvons Clovis, pour admirer le bateau sur lequel il travaille.
Un boutre de 13 mètres, presque terminé, construit sans plan — ce qui force le respect.
Originaire de Diego Suarez, le bateau présente une carène et des lignes plus originales et plus performantes que celles habituellement rencontrées sur la Grande Île.
Preuve que l’ingéniosité n’a pas toujours besoin de papier millimétré. Très fier de son savoir faire, il lui manque pourtant des outils de base, il n’a pas les moyens de s’acheter une scie circulaire.
🌅 Conclusion douce et parfaitement logique
La journée s’achève par :
- un apéritif au calme, en bord de mer, à La Terrasse,
- une glace, parce que c’est devenu un marqueur culturel du séjour,
- et un retour au lit sans résistance.
Une belle journée :
des plantations, des achats utiles (ou pas), du rhum convaincant,
et toujours cette capacité malgache à rendre les choses simples… savoureuses.








































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