Jour 2 – dimanche 5 avril Le lac Sacré, les crocodiles et le poulet sportif
Petit déjeuner copieux (fruits frais, œufs…). Puis départ vers le lac Sacré, avec un passage devant un grand bazar le long de la route.
Nous garons la voiture près de la gargotte où nous déjeunerons à midi.
Marche de 4 km : le sol est glissant, une chute spectaculaire, la pluie de la nuit ayant transformé le sentier en savon noir naturel.
Sur le chemin :
· caméléons curieux,
· papillons colorés
· zébus philosophiques,
· habitants marchant pieds nus (respect éternel),
· artisans fabriquant du charbon bois avec de balle de riz,
· charrettes tirées par des zébus motivés (plus que notre première voiture de transfert).
Au lac Sacré, découverte de l’aire des sacrifices : un totem de crânes de zébus empilés, ambiance ethnologique garantie.
Notre guide et son assistant battent des mains. Et là… magie (ou faim ?) : 4 ou 5 crocodiles apparaissent.
Une femelle sort entièrement de l’eau et se rapproche de nous.
Nous reculons dignement (dignement = vite, mais sans courir).
Retour par l’autre côté du lac.
Nous croisons des familles endimanchées pour Pâques, rentrant chez elles à pied sous le soleil.
Déjeuner chez Violette :
· excellente salade d’avocats,
· poulet tué le matin même (chair ferme, athlétique, très cardio),
· riz, légumes sautés,
· bananes flambées pour les gourmands.
L’après-midi – Les cheminées de fées : Les tsingy rouges
Après le repas, départ pour le plateau de Sariri.
Piste sablonneuse et défoncée (évidemment).
Puis, au fond d’un canyon, découverte de surprenantes formations : des cheminées de fées rouges, ces tsingy rouges méritent à eux seuls le détour — et quelques superlatifs.
Leur couleur oscille entre le bain de crème caramel et l’or ancien. Ce ne sont pas des roches au sens noble du terme, mais des latérites, modelées patiemment par l’érosion. L’eau, goutte après goutte, leur a donné ces formes fantasmagoriques qui évoquent tantôt une cathédrale, tantôt un décor de science‑fiction à petit budget.
Elles sont extrêmement fragiles. Ici, rien n’est éternel : ces sculptures naturelles sont des œuvres éphémères, continuellement grignotées par les pluies. Autrement dit, ce que nous voyons aujourd’hui n’existera peut‑être plus demain — ce qui ajoute une touche philosophique bienvenue à la balade.
Nous avons pu circuler à l’intérieur du cirque, entourés de ce paysage totalement irréel, digne d’un décor de film fantastique, sauf qu’ici, pas besoin d’effets spéciaux.
Route vers Diego Suarez – version “Mad Max soft”
Direction ensuite Diego Suarez.
Nous avons repris la piste sur environ 17 km, une route aussi mouvementée qu’un vieux film d’aventure : des trous, des bosses, des évitements constants… mais avec une vue magnifique en compensation.
Puis enfin retour sur la nationale 6 asphaltée.
L’entrée dans Diego Suarez est signalée par une route elle aussi constellée de nids‑de‑poule, passant devant des quartiers de bidonvilles très marqués, contraste saisissant avant de déboucher sur le cœur de la ville.
Diego Suarez surprend : une architecture coloniale encore bien présente, des façades héritées d’un autre temps, souvent décrépies et une atmosphère portuaire indéniable. On sent que la ville a eu — et a encore — une histoire stratégique et maritime.
Soirée à Diego – Poisson, port et mer calme
Nous avons posé nos bagages à l’hôtel La Belle Aventure, un nom qui tombe plutôt bien vu le programme des dernières heures.
Le soir, dîner les pieds presque dans l’eau au Melville, sur la plage près du port de Diego Suarez, dans un restaurant relativement chic — ambiance douce, bruit de la mer, éclairage tamisé, et enfin… un moment sans piste défoncée.
Au menu, du poisson, évidemment, frais et parfaitement préparé. Après cette journée faite de latérite, de crocodiles, de bacs capricieux et de routes improbables, ce dîner avait un petit goût de récompense bien méritée.
Retour à l’hôtel, fatigués mais ravis.
Madagascar continue de tenir toutes ses promesses : beau, rude, surprenant, et toujours imprévisible, le voyage, à Madagascar, commence toujours avant la destination et qui fait remonter les souvenirs d’enfance de l’un d’entre nous.



















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