Jour 14 (Vendredi 17 avril)

Du cacao industriel à l’ascension sacrée… avec quelques surprises techniques

La journée commence par un petit cafouillage matinal — rien de grave, juste ce qu’il faut pour rappeler que nous ne sommes pas dans un circuit millimétré suisse. Résultat : la visite de la plantation Lucien Millot avec Zidier ne démarre réellement qu’autour de 8h.




🌱 Le cacao version XXL

Un rapide tour nous conduit jusqu’aux aires de préparation et de sélection des plants,  puis aux zones de fermentation et de séchage des fèves de cacao. Ici, on change clairement de catégorie :

on n’est plus dans l’artisanat soigné de Cyril, mais dans une vraie machine agricole, à l’actionnariat franco-indien dont Valhrona qui se réserve la totalité de la production :

  • 1300 hectares dont 1100 de cacaoyers
  • près de 500 employés,
  • des logements ouvriers,
  • une crèche intégrée (le cacao commence dès le plus jeune âge).

Une petite ville dans la ville, parfaitement organisée, qui témoigne du poids économique réel du cacao dans la région d’Ambanja. Impressionnant… et un peu déroutant quand on sort d’un atelier à mortiers.




🚤 Cap sur Ankify – enfin la mer !

Nous quittons la plantation pour rejoindre Ankify, où nous attend le superbe bateau orange et jaune de Clovis. Lucky, notre guide laisse sa place à Samuel son frère pour la  suite du voyage.

Point névralgique de l’approvisionnement de Nosy-Be, principale place touristique de Madagascar, le port est une ruche animée ou tout se charge encore à dos d’homme sur des passerelles de fortune.
Bagages chargés (sans perte humaine à signaler), nous longeons la côte et faisons une halte pour un snorkeling rafraîchissant.

Portés par le courant — ce qui économise quelques battements de palmes — nous observons :

  • une tortue marine,
  • des calamars,
  • des coraux mous et durs,
  • et une belle collection de poissons multicolores, tous visiblement ravis de leur habitat.

Un moment parfait… jusqu’à ce qu’il faille sortir de l’eau.




🍽️ Nosy Komba – manger avant de monter


Nosy Komba est une île à part, à la fois sauvage, sacrée et profondément habitée par les traditions. Entièrement volcanique, sans routes ni véhicules motorisés, on y circule uniquement à pied, ce qui lui donne immédiatement un rythme différent, plus lent, plus attentif. L’île est réputée pour ses lémuriens, omniprésents autour des villages, mais aussi pour son organisation sociale singulière : depuis que l’île est habitée, une reine Sakalava y règne toujours, et de nombreux lieux — cimetières, forêts, sommets — sont frappés de fady (interdits) strictement respectés. Longtemps utilisée comme île funéraire, Nosy Komba conserve ainsi une dimension spirituelle très forte, mêlant nature, pouvoir féminin et sacré. Une île où l’on ne fait jamais rien tout à fait par hasard, et où même les paysages semblent garder la mémoire des anciens.

Nous accostons à Anjiabe pour déjeuner chez Nestor, valeur sûre.

Nous y retrouvons Sakis, le chef des hauts, pilote de notre future ascension à Nosy Komba.
Le timing est clair : bien manger avant d’attaquer quelque chose de très vertical.


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⛰️ Nosy Komba – le volcan qui se mérite

Vers 14h, nous entamons la montée vers le sommet de l’île, l’ancien volcan Antaninaomby, culminant à 621 m.
Il fait chaud. Très chaud.
Mais nous avançons tranquillement, multipliant les pauses culturelles (et accessoirement respiratoires).

Sur le parcours :

  • un chantier de pirogues,
  • des plantations de cacao et de vanille,
  • et surtout le cimetière des rois et reines Sakalava.


Nous traversons plusieurs villages aux maisons plus élégantes qu’ailleurs. La vanille est passée par là, laissant quelques traces bien visibles sur les façades.



🌄 Bongo Village – arrivée de nuit, version roots

Nous atteignons le Bongo Village après le coucher du soleil, Eco-lodge en devenir opéré  par Sakis, qui a accompagné notre montée, ancien journaliste de la télévision publique malgache, il est à la fois chef de village, hôtelier, guide, oraganisateur de trail; pigiste presse et média, traiteur……un passionné promoteur de son île atypique.

La fatigue est telle qu’Anne‑Marie disparaît immédiatement vers sa case, sans même négocier.

Le logement est simple, très simple :

  • douche solaire (Michel teste une version alternative en passant partiellement à travers le bac),
  • toilettes sèches,
  • repas végétarien,
  • et zéro réseau — mais à ce stade, c’est presque un luxe.

Puis, sans résistance notable, tout le monde part se coucher.

Une journée encore bien remplie, entre cacao industriel, mer turquoise, traditions sacrées et fin de soirée minimaliste.
Madagascar, une fois de plus, ne déçoit pas… même quand elle secoue un peu.

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