JOUR 13 Jeudi 16 avril Ambanja : cacao, épices et mangrove

La journée débute par la visite d’une chocolaterie artisanale, où tout se fait encore entièrement à la main.
Les fèves de cacao arrivent déjà séchées. Elles sont ensuite torréfiées dans un four circulaire, chauffé au charbon de bois. Le maître mot ici n’est pas le chronomètre, mais l’odorat : la torréfaction s’arrête précisément au moment où l’odeur de chocolat se révèle.

Les fèves, qui ont déjà un délicieux goût de chocolat noir, sont ensuite concassées à l’aide de broyeuses ou de simples mortiers, jusqu’à obtenir une poudre de cacao fine — dont nous achetons 150 g pour 10 000 ariary.
Cette poudre peut ensuite être chauffée dans des malaxeurs, avec plus ou moins d’huile de cacao et de sucre de canne, pour produire des tablettes à 100 %, 85 %, 70 % ou 40 %. Plus il y a de sucre, plus il faut ajouter d’huile : équilibre chimique… et gustatif.

Ces tablettes destinées à une consommation locale ( hôtels, restaurants, touristes) sont excellentes. Une belle aventure entrepreneuriale pour une  TPE de 4 personnes créée en 2023.




🚲 Ambanja en cyclo‑pousse

Nous poursuivons par un petit tour de la ville en cyclo‑pousse — moyen de transport parfait pour observer la vie quotidienne à hauteur d’homme. Un passage rapide par le marché nous rappelle l’abondance agricole de la région, puis nous prenons la route vers une plantation familiale, celle de Cyril. 11 hectares répartis autour d’Ambaja avec une dominante de cacaoyers 




🌱 Plantations : cacao, vanille et épices

La fille de Cyril nous fait visiter les lieux et nous présente les trois variétés de cacaoyers :

  • cabosses rouges,
  • vertes,
  • ou mixtes.

Elle nous explique ensuite le rôle des fourmis en matière de pollenisation , puis,le processus de transformation :

le ramassage, puis la fermentation, réalisée en trois cycles de deux jours, enveloppée dans des feuilles de bananier, avant le séchage.

Nous apprenons aussi à distinguer :

  • la vanille Bourbon, fine et destinée à l’export,
  • la vanille du Mexique, non exportée, aux gousses plus grosses, en forme de banane,
  • le gingembre du curcuma,
  • le poivre rose, qui provient d’un arbre, du poivre vert, issu d’une liane.
  • Les plans d’ananas Victoria 

Après quelques achats épicés — impossibles à éviter —, nous déjeunons sur place, entourés de plantations luxuriantes.


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🏡 Plantation Lucien Millot – héritage colonial

En début d’après‑midi, nous reprenons la route vers la plantation Maillot, créée vers 1900.
Le site est superbe : grands arbres, vergers d’agrumes, et une belle maison coloniale, posée au milieu d’une large pelouse, qui nous accueille pour la nuit dans une atmosphère paisible, presque hors du temps.




🛶 Mangrove et replantation

L’après‑midi se poursuit par une balade en pirogue à balancier, rames en main, en direction d’un petit secteur de mangrove.


La mangrove, un trésor à protéger

La mangrove que nous avons traversée et modestement contribué à replanter joue un rôle essentiel dans l’équilibre de cet environnement côtier. Véritable nurserie pour de nombreuses espèces marines, elle protège les rivages de l’érosion, filtre les eaux et constitue un rempart naturel contre les tempêtes. Le palétuvier, avec ses racines aériennes si caractéristiques, ancre les sols et favorise une biodiversité exceptionnelle. Dans un pays fortement exposé aux effets du changement climatique, la préservation — et la restauration — de ces écosystèmes fragiles est cruciale. Replanter quelques pieds,  peut sembler dérisoire, mais ces gestes répétés participent à une dynamique indispensable : transmettre l’idée que la mangrove n’est pas un espace à exploiter, mais un patrimoine vivant à protéger.


Pendant ce temps, Paul se baigne, profitant des eaux calmes, pendant que le reste du groupe savoure la tranquillité du lieu.




Retour à la plantation en fin de journée,  décor  néo-colonial  pour le dîner à la table d’hôte du directeur de la plantation. En l’absence de son épouse en déplacement en France, il assure  le service et partage son parcours d’expatrié au long cours, ce savoyard  d’origine a derrière lui 10 ans d’Afrique continentale et 30 ans de Mada. Féru de chasse et de pêche, sa passion pour la grand-île et son métier restent intacts malgré une certaine lassitude qui témoigne de la situation difficile de Madagascar  gangrénée par l’instabilité politique, une corruption généralisée, un hyper concentration des richesses et un déficit dramatique d’éducation. La dégradation de la situation s’accentue selon lui.

L’organisateur de notre voyage, Fabrice se plaît à rappeler une phrase que l’on attribue souvent au Général de Gaulle :

« Madagascar est un pays d’avenir, et le restera »


Une journée riche en saveurs, en savoir‑faire et en rencontres — preuve une fois de plus qu’à Madagascar, la terre raconte autant d’histoires que les paysages.

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