Jour 10 Lundi 13 avril Windsor Castle – Une ascension rude et superbe
Départ tout de même vers 7h30, à bord du même boutre de pêche, dont l’équipage toujours aussi souriant nous met rapidement en confiance.
Après environ une heure de traversée, nous atteignons la baie du Courrier, théâtre du débarquement britannique de 1942 lors de la crise de Diego.
C’est ici que débute la randonnée : un sentier étroit serpente entre prairies et zones boisées.
La végétation a proliféré durant la saison des pluies et, par endroits, notre guide doit manier la machette avec adresse pour dégager le passage des épines les plus agressives.
La montée est rude.
Sophie décide sagement de s’arrêter aux deux tiers du parcours. Plus on monte, plus la pente s’accentue, et plus le sol devient caillouteux.
Heureusement, des marches en pierre, construites à l’époque coloniale, nous permettent de terminer l’ascension. Elles ont été aménagées par les Français qui avaient installé ici, à 395 mètres d’altitude, un poste d’observation et un télégraphe optique.
De ce point stratégique, la vue permettait de contrôler toute la rade de Diego, mais aussi l’extrémité nord du canal du Mozambique jusqu’au Cap d’Ambre, pointe septentrionale de Madagascar, et de communiquer avec la Montagne des Français.
L’état de forme du groupe n’étant pas optimal, nous atteignons le sommet fatigués mais satisfaits. La descente s’avère heureusement plus aisée.
🎣 Retour en mer et rencontre inspirante
Sur le trajet du retour en boutre, les pêcheurs profitent du courant pour pêcher à la traîne : bilan un beau barracuda et une superbe carangue .
Nous avons également la chance de partager ce moment avec un jeune Malgache, engagé dans la recherche et la protection des oiseaux marins.
Madagascar abrite 13 espèces d’oiseaux marins non migrateurs, auxquelles s’ajoutent de nombreuses espèces migratrices.
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Son travail consiste à recenser, étudier et protéger ces espèces menacées par la chasse ou le prélèvement abusif des œufs. Un travail de terrain rigoureux, accompagné d’une mission pédagogique auprès des populations locales — tâche complexe lorsque les traditions ancestrales sont profondément ancrées.
Il interviendra prochainement lors d’une conférence à La Réunion, où ses recherches seront présentées.
En l’écoutant, on mesure toute la pertinence de ces actions de long terme — comparables à celles menées depuis des décennies par des associations comme Bretagne Vivante.
Mais dans un pays où les urgences alimentaires, sanitaires et sociales restent nombreuses, faire vivre ce type de projet relève souvent du défi.
Face à une nature aussi préservée, l’esprit vagabonde… et l’on pourrait presque fredonner l’hymne à la beauté du monde de Diane Dufresne.
« NE TUONS PAS LA BEAUTÉ DU MONDE, FAISONS DE LA TERRE UN GRAND Jardin pour CEUX QUI VIENDRONT APRÈS NOUS, APRÈS NOUS »
🚙 Retour vers Diego – l’épreuve de la piste
Après un déjeuner rapide et frugal — afin de ménager des intestins déjà mis à rude épreuve — nous reprenons la route par la piste difficile, plus de deux heures de secousses avant de rejoindre enfin l’asphalte de la RN6.
Nous atteignons Ambilobe et l’hôtel Le vers 17h15.
Repos bien mérité, dîner tranquille… et coucher précoce.
Les médicaments sont sortis.
Il faut penser à tout prendre.
L’aventure continue… mais avec un peu plus de pharmacie.













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